• Les premiers poètes

     

     

    Suite au succès de la première édition du concours Les premiers poètes initié par l’association la Boucherie littéraire, nous l'avions relancé en octobre dernier. La deuxième session de ce  concours de poésie francophone, pour les enfants de 7 à 12 ans, se terminaient le 6 février dernier. Mais, pour des raisons que nous ne nous expliquons pas, cette année le nombre de participants a été particulièrement bas. Si peu de participants que le concours a faillit être annulé. Mais finalement, nous avons décidé de le maintenir jusqu'au 12 juin 2016 où les poèmes des participants devront nous être parvenus.

     

    Pourquoi Les premiers poètes ?

     

    À la Boucherie littéraire nous aimons la poésie. Nous pensons que les enfants sont les premiers poètes, « les seuls vrais poètes » comme diraient certains. C'est-à-dire des poètes qui ne se savent pas et qui écrivent sans le poids des références, presque toujours décomplexés du regard des autres et offrant bien souvent des écrits que nombre d'adultes jalousent.

     

    Nous aimons peu le terme « concours » ou l'idée de concourir (dans un sens compétitif) à quelque chose, en particulier en matière de poésie. L'idée d'une compétition nous est méprisable.

    Ce n’est pas un concours pour être meilleur qu’un autre. Nous n’aimons pas non plus les mots « prix » ou « trophée » en tout cas dans le contexte de l'écriture.

     

    Mais il faut poser un nom, concours et les autres étant ceux qui viennent le plus « naturellement ». Les premiers poètes se veut un tremplin de la conscience d'un soi poète. Aussi, ce qui importe grâce ce concours c’est ce que l’enfant de part sa sensibilité et son imaginaire est capable de nous offrir. Ici ne sera pas récompensé le meilleur texte. Mais les prix seront attribués aux poèmes qui seront capables de toucher unanimement les membres du Jury.

     

    Grandes lignes

     

         L’accès au concours est libre, gratuit et sans inscription préalable ni adhésion à l’association la Boucherie littéraire.

    Ce concours s'adresse aux enfants de 7 à 12  ans scolarisés ou non. Trois catégories distinctes : les 7-8 ans : Potron-minet ; 9-10 ans : Aurore et 11-12 ans : Point du jour.

         Deux sections : ceux qui choisissent d'écrire sur le thème du Printemps des poètes de l'année en cous et ceux qui choisissent leur propre thème.

     

    Un jury composé de poètes et de personnalités du monde littéraire attribuera prix et mention spéciale du Jury.

    La remise des prix aura lieu le dimanche du festival Poésie nomade en Luberon qui aura lieu en juillet 2016 sur la commune de Vaugines, dans le Vaucluse.

    Nous mettrons en ligne prochainement un règlement posant les dates des nouvelles échéances. En attendant, celui ci-dessous reste d'actualité quand à ce qui est attendu des participants.

     

    Téléchargez le « Règlement 2016 du concours Les premiers poètes.pdf »

     


    votre commentaire
  • Bonjour,

    Ceci est un message destiné aux habitants du Luberon, et voisins de Cadenet, sensibles au salon du livre Les Beaux jours de la petite édition que j'ai organisé ces 6 dernières années. Je ne m'excuserais pas de sa longueur, il pose des vues sur ce qui est en train de disparaitre.

    Après le salon du livre, comme bien souvent ces dernières années l'enthousiasme s'est saisi des participants qu'ils soient auteurs, éditeurs, librairies ou bibliothécaires. De nombreux visiteurs ont aussi souligné la qualité de ces deux "belles" journées pour reprendre leur terme.

    Ces témoignages m'arrivent par courriel, de vive voix et de plus en plus sur Facebook (outil de communication — souvent incontrôlable). J'ai glissé quelques commentaires aux uns et aux autres annonçant la fin du salon de Cadenet. Mais l'enthousiasme ne quittaient pas pour autant les participants m'invitant à ne pas abandonner.

    Alors je leur ai rédigé un message de remerciement que je reprends et réaménage en partie ici, afin que chacun puisse prendre la mesure de ce qu'est ce salon du livre, tout en reprenant aussi une partie d'un commentaire d'Ivy Lovy, qui bien souvent s'est retrouvée, malgré elle, aux premières loges du travail que je mène le long de l'année pour ce salon du livre. Je commencerai par un extrait de son commentaire laissé après le salon du livre sur Facebook et adressé à ceux qui réagissaient à mon désir de ne pas poursuivre :

    […] Si le salon n'aura plus lieu l'an prochain pour une 7ème édition, c'est tout simplement parce que pendant 6 ans, Antoine a tout organisé pour ce salon...tout seul.... Quand je dis tout et tout seul, c'est vraiment tout...

    Que ce soit dans le choix des éditeurs invités (après avoir épluché une grande partie de leurs catalogues pour s'assurer qu'il correspond à l'esprit de la Boucherie littéraire, que ce soit dans l'aménagement de l'espace des stands en amont... qui sera à coté de qui, qui peut surveiller tel stand au cas où... qui est invité d'honneur... donc plutôt telle place... S'assurer que tout le monde puisse arriver sur le salon dans les temps (je prends un billet de train pour qui, quand, à quel prix... quel covoiturage est possible ? … Qui peut récupérer qui à la gare ? Où dormirez-vous ? Et si untel dort avec untel, est-ce que ça ira ?... Ensuite, qui mange quand et où et de quoi ? Végétarien et/ou allergique ? Qui sera déjà là pour le repas du vendredi soir ? Quel menu prévoir pour les trois jours de salon ? Estimer le nombre de personnes qui pourraient manger... Quelles lectures croisées seront les plus pertinentes ? Quels univers littéraires se marieront le mieux pour offrir le meilleur au public ? Qui lira avec qui et à quelle heure en tenant compte de vos arrivées sur le salon...? Et pour la partie comm... qui fait l'affiche, qui pense quoi de l'affiche ? qui corrige les fautes sur les programmes ? qui envoie tous les courriers à toutes les institutions, qui va faire l'affichage ? Qui va poser les panneaux avec du fil de fer le soir d'avant pour être sûr qu'il ne soit pas enlevé d'ici là... Et tous les articles sur son blog et sur fb... ce sont des heures de dingues "juste" pour informer les gens... Et vous avez du aussi vous rendre compte des mails que vous receviez aussi à 3h ou 4h du matin... eh bien ça a été comme ça tout le temps et pendant 6 ans... Et qui fait des demandes de subventions ? Parce que dans tout ce que j'ai cité, je n'ai pas parlé du bar...Ok, j'ai tenu le bar pendant deux jours avec de belles âmes qui ont accepté de venir donner un coup de main... mais je n'ai pas choisi les quantités à prendre, je n'ai pas déplacé les innombrables packs d'eau, de jus et compagnie, je n'ai pas préparé les affiches des prix... etc, etc...Vos badges, vos tickets repas, vos coupons boissons, vos affiches avec le nom de votre stand, toute la signalétique sur les lieux, les désistements de dernière minute... Alors oui c'est encore lui et lui seul... j'ai aidé certes, mais pour de menus détails (et c'est vraiment du menu détails en tenant compte de tout ce que je viens de vous dire et qui me prenne trois jours tout au plus... , ce n'est vraiment rien...) Et encore tout ce que je cite reste dérisoire par rapport à l'ensemble des tâches... Je comprends que vous aimeriez une 7ème édition, et que vous accepteriez de l'aider, mais l'aider, c'est être là dans tout le travail qui est en amont, dans les détails pénibles, dans une logistique qui retourne le cerveau car c'est vraiment compliqué quand même et pas que le temps du salon...car des bénévoles, le temps du salon, il en trouvera toujours, mais en amont, non... il n'y a pour ainsi dire jamais personne... et les deux jours sur le salon pour lui n'est qu'une course... Il court partout, répond à toutes les questions, essaie de profiter de chacun de vous comme il peut, grappille quelques instants à vos lectures avec toujours un appareil photo à la main pour être sûr de garder une trace de ces jolis moments... Il surveille le temps pour que chacun soit respecté dans son travail et puisse lire comme il se doit... Il fait face aux imprévus comme il peut et anticipe le jour suivant pour rectifier les éventuels bugs que vous n'auriez pas vu... et au final, je ne suis pas sûre qu'il profite de ce salon... D'ailleurs, il ne se rend pas compte, il n'arrive pas à savoir si c'était "une belle édition ou pas" car lui, pense déjà à l'après-salon. A tout ce qu'il faudra encore faire une fois que vous serez rentré chez vous... Ne vous méprenez pas, je ne vous juge pas, et ne vous critique pas... C'est normal de vouloir aider et de vouloir faire que les choses changent quand on voit que cela pourrait ne plus exister... Mais je comprends aussi qu'il vous dise cash "non il n'y aura pas de 7ème édition..." Il y a une fatigue, une lassitude, et une solitude qui à un moment donné pèsent... vraiment je pense... Je ne suis pas à sa place, mais j'ai pu le voir se démener comme un fou pour que ces éditions soient à la hauteur de ce que vous vivez durant les deux jours où vous êtes là... Alors que tout soit bien clair aussi: je ne cherche pas à le "défendre" de vos commentaires parce que je l'estime énormément et parce que je le connais différemment de vous... Cela n'a rien à voir... car on sait tous les deux que si ce salon est vraiment un moment de bonheur c'est aussi grâce à vous, à la qualité de votre travail, des petits bijoux que vous présentez sur table et de vos présences, vos sourires et vos humanités... Mais des fois, on ne se rend pas compte de tout... Voilà tout... Merci de m'avoir lu car c'était long... mais rien en comparaison de son travail...

    Ivy Lovy

    Ma réponse à tous

    Merci pour vos messages et vos soutiens que je sais sincères, ils sont les seuls témoignages de ce week-end passé dont j'ai peu de souvenirs tant j'ai l'impression de l'avoir subi. Cette année la notion de plaisir au sens large, m'est presque inconnue. Après des mois à communiquer avec tous les participants, certains à nous entretenir dans de longs mails ou de grandes conversationss téléphonique à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, j'ai sur ces deux jours du salon le sentiment d'être passé à côté de l'essentiel. Aujourd'hui, 15 jours plus tard je me sens complètement vidé.

    Mais, je ne saurais trop remercier tous les éditeurs qui me font confiance, ni tous les auteurs venus par leur propres moyens sans garantie d'être rémunérés pour leur lecture. Je sais tout ce que je vous dois.

    J'aimerais bien dire à certains éditeurs que trouver des personnes motivées pour poursuivre ce salon sera possible. Mais la réalité est toute autre. J'ai tiré plusieurs fois la sonnette d'alarme cette année pour exprimer mes difficultés à n'avoir que de 2 bras, 2 jambes et souvent que 2 h de sommeil. Cela fait deux ans que je suis confronté au même problème. Si le salon du livre était un concert des Rolling Stones, tout le monde voudrait bien venir donner un coup de main le jour du concert, mais pour tout ce qui serait de le monter en amont il n'y aurait personne. Et c'est exactement le cas pour Les Beaux jours de la petite édition.

    Toute proportion gardée, ce salon du livre est une vraie entreprise... L'année dernière la Boucherie littéraire avait perçue avant l'ouverture du salon du livre deux subventions (de la Région Paca et du département du Vaucluse) totalisant 8500 euros et 1500 euros de fond propre. Cette année, les dossiers de la Boucherie littéraire ne sont toujours pas passés en commission ni pour la région, ni pour le département à cause d'un changement de couleur politique. J'espère être fixé d'ici septembre prochain.

    Il a donc fallu cette année organiser le salon avec 85 % de budget en moins. Sur les seuls deux jours du salon cette année, j'ai du gérer 100 personnes, trouver 280 repas et m'assurer qu'ils soient servis, trouver une centaine de litres de boisson, loger 70 personnes...
    J'ai bien eu du soutien les 4 jours avant le salon. Brigitte B. est venue dès le jeudi soir apporter son aide, de nombreux logeurs se sont manifestés après plusieurs appels à logement, des personnes se sont portées volontaires pour aller chercher et ramener auteurs & éditeurs à la gare d'Aix dont Odette D., Julie T. Marie O., des adhérents ou soutiens à l'association ont procédé à l'affichage sur certaines communes (Maryline D., Jean-Paul V., Claude A....). Nathalie Y. et Frédérique M. m'ont soulagé de la corvée de la gestion des attributions des mobiles-home, 5 étudiantes de Master Monde du livre d'Aix et de Montpellier sont venues prêter main forte, l'ensemble de la commission culture de la Mairie de Cadenet et l'élue à la culture ont servi à chaque repas, Ivy L. c'est occupé de tenir l'espace café, Sophie R. a apporté son aide à différents niveau... Je remercie chacun d'eux et tous les autres que j'ai oublié.

    On a l'impression quand on arrive dans cette bulle du salon du livre qu'il y a une équipe forte. Mais en réalité, le plupart des personnes ne se connaissaient pas 24h avant.

    Quand à la municipalité de Cadenet, cette dernière apporte un soutien matériel important, et plusieurs de leurs services sont sur le pont : la commission culture est très présente, mais aussi les services techniques, le chef de la cantine municipale, le service enfance jeunesse, la bibliothèque municipale... Et la Mairie Cadenet est l'un des partenaires financiers le plus important et en dehors du département le seul sur le territoire à être présente. Il ne faut pas oublier que la ville compte à peine 4000 habitants, mais que son implication est aussi importante qu'une commune de 20000.

    Je veux bien lancer un appel à l'aide, un appel à bras, mais il faut prendre conscience que le bénévolat à ses limites.
    Là, il s'agit de trouver en plus de moi 4 personnes qui devront donner 5h de leur temps par semaine dans les mois creux jusqu'à 20h/semaine les deux derniers mois.

    En ce qui me concerne, j'ai fait ces dernières années ma part. Et entre septembre 2015 et mars 2016, j'ai passé sur la seule activité du salon, 60 h par semaine, et cela en plus de mon boulot salarié et des autres activités de la La Boucherie littéraire.

    Alors s'il y a des motivés je recherche :
    - Une personne chargée de la communication (cela peut-être deux personnes une qui se charge des relations presses & communication web et l'autre graphiste, en charge de l'élaboration de l'affiche et du programme)
    - Une autre chargée de la logistique
    - Une personne qui ne s'occuperait que des relations aux scolaires et du concours de poésie
    - Et une personne préposée au mécénat et sponsoring

    Tous ces postes sont à pourvoir au 2 mai 2016, car après avoir déterminé quels seront les éditeurs à l'honneur il faut monter tous les dossiers, de présentation et animations possibles, pour les adresser aux scolaires et bibliothécaires. Ce qui sous-entends une foultitude de rendez-vous avec les équipes pédagogiques afin de leur donner le plus de grains à moudre pour préparer la rentrée 2016...

    Si dans le lot, des âmes charitables un mécène aurait l'envie de financer un ou deux postes (dont le mien), je suis preneur !

    Et si une municipalité ici ou ailleurs souhaitait s'offrir un salon du livre de grande qualité Les beaux jours de la petite édition pourraient bien être à vendre.

    Maintenant, je suis réaliste.

    Même si le travail le plus important a été fait comme celui de fidéliser des partenaires financiers, professionnels et institutionnels. Même si ce salon du livre est un des plus importants de son genre dans le Sud de la France. Même si ce salon est le  seul existant dans le Sud du Vaucluse. Même si chaque année le public se partage entre fidèles et public renouvelé venant de plus en plus loin. Même si le salon de Cadenet est connu et reconnu pour sa qualité au niveau national. Même si de part son activité, la Boucherie littéraire reçoit le soutien de plus de 50 adhérents (personnes morales et physiques). Il n'en demeure pas moins que l'association ne fédère pas pour le moment de volontaires dans le Luberon qui souhaitent s'investir à l'année.

    Merci pour votre lecture, si vous êtes arrivé jusque là.

     

    Antoine Gallardo

    Directeur de la Boucherie littéraire

    Créateur des Beaux jours de la petite édition

    Contact


    2 commentaires
  •  

    Merci à Philippe Chauché, journaliste à Radio France et chroniqueur à la Cause littéraire d'avoir pris le temps de s'intéresser et de chroniquer les ouvrages de Mireille Disdero, Emanuel Campo, Hélène Dassavray et Marlène Tissot, tous les quatre publiés dans la collection Sur le billot des éditions la Boucherie littéraire.

     

    Quatre livres de La Boucherie littéraire

    Ecrit par Philippe Chauché le 12.04.16 dans La Une CED, Les Chroniques

     

    Ecrits sans papiers, Pour la route entre Marrakech et Marseille, Mireille Disdero

    Maison, Poésies domestiques, Emmanuel Campo

    On ne connaît jamais la distance exacte entre soi et la rive, Hélène Dassavray

    Lame de fond, Marlène Tissot

    Quatre livres de La Boucherie littéraire

      Ecrits sans papiers

    « Le sud lie ton corps au soleil / et la lumière en voyage / vient boire dans ta main ».

    « La lumière est perturbée par le vent. On sent que quelque chose existe. C’est humble, ça ne s’impose pas. Le vent. Le soleil ».

    « Et dans le ciel orange, deux gabians puis un avion au ventre blanc, tracent un trait de lumière sur ta mémoire pour plus tard ».

    Saisir ce qui nous saisit lorsque l’on va d’une ville à  l’autre, d’un port à un autre, lorsque l’on projette son corps, ses pensées et ses phrases de Marrakech à Marseille, avec des haltes hispaniques. Ces écrits, ces notes glanées, ces impressions, ces saisissements, ces éclairs, ces éclats donnent force et brillance à ce récit romanesque. Il y a là, chez Mireille Disdero, l’art de saisir sur le vif, comme on peut le dire d’un photographe qui sait voir, faire voir et finalement faire entendre.

     

    MaisonPoésies domestiques


    « Je compte lancer une revue de poésie avec dedans / un coussin / un meuble / un pouf / un shampoing anti pelliculaire / une platine vinyle / un forfait 2 heures + S.M.S. et M.M.S. illimités / un clic-clac / du rap etc… »

    « Tu t’es permis / de m’emprunter mon Bukowski / pour le lire aux toilettes. / Le glamour des premiers jours s’en est allé / comme des chevaux sauvages dans les collines ».

    Emmanuel Campo ne manque ni d’audace, ni de culot, il écrit comme s’il chantait, et d’ailleurs, il chante. Ses petites poésies résonnent comme des chansonnettes, d’enfance et de son âge, l’une donnant naissance à l’autre, des ritournelles. Ces Poésies domestiques misent sur la collection, la multiplication, la rencontre, la surprise, les mots qui se rencontrent pour la première fois ont souvent l’air surpris. L’auteur, joueur, en joue, s’amuse des phrases reçues et des situations inventées ou supportées, et tout cela fort heureusement n’a aucune incidence sur la rotation de la planète.

     

    On ne connaît jamais la distance exacte entre soi et la rive


    « Parfois un fleuve / avec son tumulte / parfois une fontaine / parfois un geyser / parfois une rivière / d’eau douce et salée / comme des larmes / sans la tristesse ».

    « … on ne connaît jamais la distance exacte / entre soi et la rive / ni à quel moment la vie vous échoue / sur les plages / de votre mer intérieure… »

    Un roman comme un corps en mouvement permanent, une fontaine de jouvence,  poétique, où à chaque mot, à chaque phrase, le corps se livre, comme un torrent. Joie du corps et des mots qui le dévoilent, où le corps en dit toujours plus, comme s’il ne cessait d’écrire ses aventures. Au centre de cette folle aventure du corps, l’origine de l’auteur, autrement dit l’Origine du monde et les grandes marées de l’amour.

     

    Lame de fond


    « Les heures se débobinent, Cancale se déplie comme un livre d’images. L’enfilade de restaurants entre l’Epi et la digue du phare. Le chemin des douaniers, les parcs à huîtres, les rochers. Le bruit des coquillages qui s’émiettent sous nos semelles. Je trinque à ton éternité en buvant l’horizon, d’un trait ».

     

    Lame de fond est un roman de la mémoire et de la mer, comme une chanson que fredonnait un chanteur de variétés aux longs cheveux blancs, le roman de la disparition d’un loup de mer. Un père, un frère, un ami, son visage, son corps, ses exploits marins, son odeur, sa passion hante la mémoire de la narratrice, et c’est à chaque page saisissant de justesse. La marée accompagne chaque page de ce minuscule livre, une marée de souvenirs, face à la mer, où les disparus ressemblent à l’éclat blanc d’un phare ou d’une page de Lame de fond.

     

    Philippe Chauché


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires