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    Parue sur le site Poezibao, voici une belle note de lecture de Béatrice Machet à propos de 13 poèmes taillés dans la pierre de Patrick Dubost.

     


    13 poèmes
    Écrits pendant une résidence à la Chartreuse Notre-Dame-des-Prés dans le Pas-de-Calais, ces textes adoptent d’emblée l’attitude contemplative, reproduisent l’ambiance monacale. Chaque sommet du triangle-poème commence par « on ». L’effacement du sujet est donc de mise. Il semble bien probable que le lecteur ait dans un coin de conscience que la lecture procède d’un parcours à étapes, d’où l’évocation alors facile des stations du chemin de croix, (ici 13 au lieu des 14 ou 15 traditionnelles), d’autant plus facile que la dernière ligne se termine par « premier jour sans lendemain », ce qui pourrait être un raccourci pour ouvrir sur une forme de résurrection et de passage à l’éternité.

    « On » pourrait comprendre le livre comme un petit traité philosophique sur le rien, la mort, le temps, l’existence. On pourrait deviner l’entendre dit à l’aune des performances sonores que l’auteur nous a habitués à voir ponctuées de mouvements de mains.

    Treize poèmes taillés dans la pierre, gravés par la force du silence, de la méditation, de la concentration. Il y a dans ce recueil une dimension apophatique de l’être : « on existe bien sûr encore un peu... mais ... très très peu » dans le poème numéro un,  jusqu’au « on est ce rien » du poème 9, tout se joue dans le retrait (de la retraite « au cœur de l’immobile»). Poèmes mais aussi musique comme expression dépersonnalisée du poète qui ne dit plus « je » et qui cesse de vouloir dire, qui donne plutôt à entendre en même temps qu’il nous montre un décor fait d’angles et de parois, mais aussi au sol, de pelouse, de traces de mulots, d’insectes. Et les insectes savent qu’« on existe un peu moins quand on existe un peu trop », qu’il faut passer par l’oubli de soi pour comprendre et vivre pleinement « le sujet élargi » qui « ne connaît plus ses bords » (poème 10), en d’autres mots atteindre l’unité, faire un avec ce qu’on appelle « le grand tout », c’est-à-dire accéder à une dimension d’amour. Préciser que l’auteur est athée mais qu’il respecte les fois et les croyances.

     « On » pourrait presque entendre dans les poèmes des échos, des accents de poètes contemporains tels Jacques Ancet ou Antoine Emaz, eux qui écoutent et se recueillent, se fondent et se diluent dans le silence et la conscience du presque rien . Ou bien encore James Sacré dans l’interrogation de ce qui fait poème : « on sait que peu de mots tombés dans un lieu silencieux fortement structuré font peut-être un poème » écrit Patrick Dubost au début du poème numéro 7.

    Mais au-delà du contexte (espace du spirituel), au-delà des exigences graphiques qui se sont imposées comme des contraintes pour soutenir, telles contreforts, précise la 4ème de couverture, l’édifice langagier, on peut aussi relever la ressemblance de chaque triangle rectangle avec un A majuscule en italique « inversée », il penche sur la gauche. Donc treize poèmes « A » comme treize commencements. Cependant d’autres thématiques et peut-être involontaires, affleurent, dessinant une problématique soulevée au-delà du sens véhiculé, que ni Hegel, ni Jean-Luc Nancy, ni encore Bachelard n’ont évitées.

    Ainsi pour Bachelard, la poésie représente, constitue, est l’union des moments métaphysiques, elle est acte de passage vers la transcendance et son expression artistique en est la preuve.  L’instant poétique capturé par Patrick Dubost est bien une forme de dépassement du quotidien qui pénètre dans le métaphysique par la profondeur, la finesse des perceptions, de la méditation  et de la disponibilité des sentiments. 

    Quant à Hegel, dans Esthétique : « ainsi la poésie détruit l’union de l’intériorité spirituelle et de l’extériorité réelle à un point tel qu’elle cesse d’être conforme au concept primitif de l’art et court le danger de se séparer totalement de la région du sensible pour se perdre définitivement dans le spirituel. » Jean-Luc Nancy (dans Les Muses et commentant Hegel) conclue ceci : « La poésie est donc la fin de l’art en tant que sa mise en danger. Et sa mise en danger met en danger une nécessité absolue de l’Idée, ou de la vérité, en tant que l’une et l’autre, l’une ou l’autre, doivent essentiellement apparaitre ou se faire sentir. » Poésie tension, poésie point de contact, poésie interface, poésie piste de lancement, Patrick Dubost est exactement à ce point de « danger », il prend ce risque de relier et de tenir ensemble ce qui doit essentiellement apparaitre ou se faire sentir. A savoir le monde idéal, une forme de liturgie, le réel du monde et ses créatures, l’absence et la présence, l’éveil mystique et le prosaïque pareillement baignés de lumière, lumière posée « au centre de toute chose » comme un parti pris de vivre un toujours premier jour.

    Béatrice Machet

    Patrick Dubost, 13 poèmes taillés dans la pierre, la Boucherie littéraire, collection la feuille et le fusil, 13 euros, (disponible en librairie sur commande)

     

     Merci Béatrice pour votre lecture précise et attentive.


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    13 poèmes taillés dans la pierre13 poèmes taillés dans la pierre

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    À l’origine

    Ces 13 poèmes taillés dans la pierre ont été composés par Patrick Dubost dans un monastère de l’ordre des Chartreux, la Chartreuse Notre-Dame-des-Prés de Neuville-sous-Montreuil dans le Pas-de-Calais, lors d’une résidence d’écriture en 2015.

     

    Leur forme s’est imposée lentement, dans ce lieu où les angles droits sont partout, les rectangles trop évidents, les obliques rares et précieuses.

    D’où ces textes en contreforts, gravés en creux dans la pierre blanche et crayeuse du langage, écrits en athée respectueux de ces espaces de foi et de croyance

     

    Ainsi cohabitent : la contemplation, la présence douce et tranquille de la mort, une perception sensible de l’écoulement du temps, tout en lenteur. Un bain de métaphysique ordinaire,  le mot « amour », jamais bien loin, dans son acceptation la plus large. Le présent lumineux à tout instant de mille racines jetées dans le passé.

     

    Patrick Dubost travaille la poésie de sorte que chaque recueil s’appuie sur un dispositif sonore, visuel et poétique autonome.

     

    L’auteur

     

    13 poèmes taillés dans la pierreAprès des études de mathématiques et de musicologie, Patrick Dubost a publié en poésie une quarantaine de livres qui, tout en jouant dans les yeux, demandent à être lu à voix haute. Ce travail sur l'oralité l'a conduit vers la performance, mais aussi aux rencontres avec le théâtre, la marionnette, ou les univers musicaux.

     

    La collection

     

    Un poème fraîchement offert par son auteur repose sur une planche en bois debout.

    Dans le prolongement de la sensibilité et de la créativité de l'éditeur, on trouve la feuille dans une main et le fusil dans l'autre.

    La feuille, aussi massive soit-elle, est capable de finesse si l'on sait ajuster la pression sur la longueur du fusil et la manier sans jamais émousser son tranchant.

    L'une et l'autre participent à parer, avec délicatesse, la poésie confiée aux bons soins du boucher.

    Dans un format à la mesure prédéfinie, c'est l'essence du texte qui façonnera le livre en imposant le choix du papier, sa couleur, sa texture, sa main, son bruit... Il en est de même pour les procédés d'impression ou encore celui d'une reliure adaptée selon la nature des écrits.

     

                                                      

    Le Livre

     

    Souscrivez au prochain titre à paraître de Patrick Dubost

     Format fermé

          21 cm x 15,2 cm

     

    Nombre de pages 38

     

    Tirage

     entre 800 exemplaires

     

    Façonnage

           Dos carré collé

     

    I.S.B.N.

       978-2-9551283-5-0

     

     

     (Tintoretto couleur approximative)

     

     

     

    Couverture (avec rabats de 8 cm)

     

                        Impression :

               numérique quadrichromieSouscrivez au prochain titre à paraître de Patrick Dubost

            Caractères typo par foulage

                   Papier Fedrigoni :

         Tintoretto Ceylon Zenzero 250 g

     

    Corps d’ouvrage

     

                        Impression : 

           Impression en noir recto/verso

                   Papiers Fedrigoni :

            Woodstock Pistacchio 110 g 

         Tintoretto Ceylon Zenzero 140 g

                         (Pistacchio couleur approximative)

     
    Distribué par Serendip Livres
     

    13 poèmes taillés dans la pierre, Patrick Dubost, Collection La feuille et le fusil,

    éditions la Boucherie, 38 pages, juillet 2016, 13 euros.


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    Avec la complicité et le savoir faire de Pierre Mréjen des éditions Harpo & qui m'a reçu à plusieurs reprises dans son atelier de Corbières dans les Alpes-de-Haute-Provence. Ces rencontres afin de procéder au foulage du chiffre 13 sur les couverture de 13 poèmes taillés dans la pierre de Patrick Dubost, dans la nouvelle collection La feuille et le fusil aux éditions la Boucherie littéraire, à paraître le 25 juillet 2016 (avant première le 23 juillet à Sète).

    Les couvertures avaient été imprimées au préalable par Yenooa à La Roque-d'Anthéron (13) sur du papier Fedrigoni Tintoretto Ceylon Zenzero en 285 g.

    Ce travail de foulage, ici en typographie avec caractères de plomb, produit, sur la surface du papier, un relief creux du côté de l’impression. Il a été réalisé en plusieurs temps, ici des photos des essais réalisés à la fin du mois de juin, et une vidéo du foulage des 500 premières couvertures, le 11 juillet dernier.

     

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    Foulage de "13 poèmes taillés dans la pierre" aux ateliers Harpo &Foulage de "13 poèmes taillés dans la pierre" aux ateliers Harpo &

     

     

     

     

     

     

     

    Foulage de "13 poèmes taillés dans la pierre" aux ateliers Harpo &

     

    Foulage de "13 poèmes taillés dans la pierre" aux ateliers Harpo &Foulage de "13 poèmes taillés dans la pierre" aux ateliers Harpo &

    Foulage de "13 poèmes taillés dans la pierre" aux ateliers Harpo &Foulage de "13 poèmes taillés dans la pierre" aux ateliers Harpo &

     

     

     

     

     

     

     

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    Foulage de "13 poèmes taillés dans la pierre" aux ateliers Harpo &

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

     Photos : Antoine LnP

     

     

     Je vous rappelle que nos éditions ne sont pas subventionnées et que chaque appel à souscription permet de financer l'impression du livre en cours.

     

    J'espère que ces images vous auront mis l'eau à la bouche et vous donneront envie de souscrire à ce livre atypique. Vous trouverez le lien vers le bulletin de souscription ici.

     

     

     

     

    Vidéo : Antoine Gallardo


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    En souscription jusqu’au 22 juillet 2016

    Sortie le 23 juillet à Sète au Festival Voix Vives en présence de Patrick Dubost

    En commande en librairie dès le lundi 25 juillet

     

    Souscrivez au prochain titre à paraître de Patrick Dubost

     

    Vous avez jusqu'au 22 juillet 2016 inclus

    pour pré-acheter 13 poèmes taillés dans la pierre de Patrick Dubost

    dans la nouvelle collection La feuille et le fusil.

     

    (Couverture non contractuelle)

     

    Un des 13 poèmes

    Souscrivez au prochain titre à paraître de Patrick Dubost

    À l’origine

    Ces 13 poèmes taillés dans la pierre ont été composés par Patrick Dubost dans un monastère de l’ordre des Chartreux, la Chartreuse Notre-Dame-des-Prés de Neuville-sous-Montreuil dans le Pas-de-Calais, lors d’une résidence d’écriture en 2015.

     

    Leur forme s’est imposée lentement, dans ce lieu où les angles droits sont partout, les rectangles trop évidents, les obliques rares et précieuses.

    D’où ces textes en contreforts, gravés en creux dans la pierre blanche et crayeuse du langage, écrits en athée respectueux de ces espaces de foi et de croyance

     

    Ainsi cohabitent : la contemplation, la présence douce et tranquille de la mort, une perception sensible de l’écoulement du temps, tout en lenteur. Un bain de métaphysique ordinaire,  le mot « amour », jamais bien loin, dans son acceptation la plus large. Le présent lumineux à tout instant de mille racines jetées dans le passé.

     

    Patrick Dubost travaille la poésie de sorte que chaque recueil s’appuie sur un dispositif sonore, visuel et poétique autonome.

     

    L’auteur

     

    Après des études de mathématiques et de musicologie, Patrick Dubost a publié en poésie une quarantaine de livres qui, tout en jouant dans les yeux, demandent à être lu à voix haute. Ce travail sur l'oralité l'a conduit vers la performance, mais aussi aux rencontres avec le théâtre, la marionnette, ou les univers musicaux (instrumentistes ou électro-acoustiques).

     

    La collection

     

    Un poème fraîchement offert par son auteur repose sur une planche en bois debout.

    Dans le prolongement de la sensibilité et de la créativité de l'éditeur, on trouve la feuille dans une main et le fusil dans l'autre.

    La feuille, aussi massive soit-elle, est capable de finesse si l'on sait ajuster la pression sur la longueur du fusil et la manier sans jamais émousser son tranchant.

    L'une et l'autre participent à parer, avec délicatesse, la poésie confiée aux bons soins du boucher.

    Dans un format à la mesure prédéfinie, c'est l'essence du texte qui façonnera le livre en imposant le choix du papier, sa couleur, sa texture, sa main, son bruit... Il en est de même pour les procédés d'impression ou encore celui d'une reliure adaptée selon la nature des écrits.

     

                                                      

    Le Livre

     

    Souscrivez au prochain titre à paraître de Patrick Dubost

     

    Format fermé

          21 cm x 15,2 cm

     

    Nombre de pages 38

     

    Tirage

     entre 500 exemplaires

     

    Façonnage

           Dos carré collé

     

    I.S.B.N.

       978-2-9551283-5-0

     

     (Tintoretto couleur approximative)

     

     

     

    Couverture (avec rabats de 8 cm)

     

                        Impression :

               numérique quadrichromieSouscrivez au prochain titre à paraître de Patrick Dubost

            Caractères typo par foulage

                   Papier Fedrigoni :

         Tintoretto Ceylon Zenzero 250 g

     

    Corps d’ouvrage

     

                        Impression : 

           Impression en noir recto/verso

                   Papiers Fedrigoni :

            Woodstock Pistacchio 110 g 

         Tintoretto Ceylon Zenzero 140 g

                         (Pistacchio couleur approximative)

      

    Télécharger « Bull-Sous_13_complet.pdf »

    Télécharger « Bull-Sous_13_seul.pdf »

     

    13 poèmes taillés dans la pierre, Patrick Dubost, Collection La feuille et le fusil,

    éditions la Boucherie, 38 pages, juillet 2016, 13 euros.


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    Dernières livres chroniqués dans la collection "Sur le billot" En juin, Michel Baglin, écrivain et responsable de la revue Texture a chroniqué On ne connaît jamais la distance exacte entre soi et la rive d'Hélène Dassavray et Maison. Poésies domestiques d'Emanuel Campo.

     Je vous recommande vivement de vous perdre dans le site de la revue !

     

    Dernières livres chroniqués dans la collection "Sur le billot" Par ailleurs, dans la revue Décharge 170, Jacmo (alias Jacques Morin, le fondateur de la revue) a chroniqué Lame de fond de Marlène Tissot.

    Et pour mieux connaitre cette revue, je ne saurais que trop vous recommander d'écouter l'émission radiophonique Caractère de Bourgogne consacrée à la revue Décharge et à Jacques Morin son créateur.

     

    ici

     

     

    Voici les chroniques de Michel Baglin

    Dernières livres chroniqués dans la collection "Sur le billot" Hélène Dassavray : On ne connaît jamais la distance exacte entre soi et la rive

     
    « Si les éditions la Boucherie littéraire ne devaient avoir qu’une seule collection, ce serait Sur le billot » prévient Antoine Gallardo, le directeur de ces jeunes éditions, qui organise aussi le festival Poésie nomade en Luberon. C’est dire l’importance qu’il accorde aux recueils qu’il y accueille, misant sur leur singularité, l’œuvre publiée s’inscrivant selon lui « dans un sillon inexploré ou peu visité de la poésie ».
    Tel est le cas de « On ne connaît jamais la distance exacte entre soi et la rive » d’Hélène Dassavray, troisième titre de cette collection. Les poèmes y évoquent tous le plaisir et l’amour qui « coule de source », et plus précisément celui de la femme dite fontaine à l’heure de l’orgasme. Les mots laissent donc s’écouler « parfois un fleuve / avec son tumulte / parfois une fontaine / parfois un geyser / parfois une rivière / d’eau douce et salée / comme des larmes / sans la tristesse ». Pour trivial que soit le sujet et parfois la situation - « Par le canal des désirs / et leurs combinaisons / passés les récifs et l’écluse / les chants des sirènes / et les échos des Lorelei / l’héroïne se confond en excuses / et change les draps » - la féminité s’y livre et délivre avec délicatesse et la force d’une souveraineté reconquise.
    Hélène Dassavray, également romancière, qui dédie son livre « à (s)es ainées et leurs combats pour (s)a liberté » comme « aux hommes attentifs », célèbre le corps et la liberté des désirs exaucés et, somme toute, la rencontre réussie. Avec l’autre, mais aussi, et plus secrètement, avec soi-même : « un jour elle est devenue confluent de ses propres chemins ». Voilà une quête de plénitude et de réconciliation aboutie, quand on accepte la confrontation avec le vertige de vivre et sa part obscure, ce que traduit bien cet extrait : « On ne connaît jamais la distance exacte entre soi et la rive / ni à quel moment la vie vous échoue / sur les plages / de votre mer intérieure. »

      

    Dernières livres chroniqués dans la collection "Sur le billot"

    Emmanuel Campo :

    Maison. Poésies domestiques


     
     Premier recueil de son auteur, ce deuxième titre de la collection Sur le billot de la toute jeune maison d’édition La Boucherie littéraire (voir ci-dessus) sait manier la dérision et l’autodérision : « Tu me dis que tu aimes bien la poésie. / En particulier ces courts poèmes japonais / Les sudokus. »
    L’humour y décape et y malmène le conformisme domestique, mais chacun y reconnaîtra un peu de ce qui fait l’ordinaire des jours à la fois boiteux et attachant. Car c’est le quotidien qui est ici caricaturé, moqué et secrètement célébré, entre le biberon du gosse, les SMS, les engueulades, la poubelle et une lecture publique pas très convaincante…
    « Tenir / au milieu des formulaires / dans le bruit des machines domestiques / avec l’appréhension du chômeur / en fin de droits / la chaleur ruisselante de ce début d’été / qu’on n’a pas vu venir / qui salement s’est plantée sous les bras / alors qu’on traînait dans l’appart’ / les fringues de la veille / et la coupe du lendemain. »
    Emanuel Campo, 32 ans, Français et Suédois, jette volontiers des ponts entre les disciplines, puisqu’il est à la fois poète, musicien, performeur, comédien, etc. Les poèmes qu’il livre – ou lâche dans une « mise à flow » – doivent à ces divers domaines leur énergie, leur rythme, leur qualité de mises en bouche. Ils sont un vrai reflet de notre dérisoire modernité et de « l’inachevé qui nous traverse. »

     

    La chronique de Jacques Morin extraite de la page 137 de la revue Décharge N°170

     

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