Bleu nuit sans étoiles
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S'entendre dire au téléphone que quelqu'un est mort. Que cette mort est sans cause, et que ce quelqu'un est votre amour. Telle est l'expérience que vit la narratrice de Bleu nuit sans étoiles.
Au travers de poèmes fleuves au rythme ample, dont l'écoulement est interrompu par de brèves incises, Isabelle Alentour restitue la quête d'un rapport confiant au monde quand celui-ci s'est effondré. Une course contre la déraison, un hymne à l'amour perdu.
Je n’imaginais pas
ça
je ne voulais pas ça
on dirait une veillée funèbre
(quelqu’un est-il mort
peut-être est-ce vraiment arrivé
connement arrivé
ou bien n’était-ce que des mots
tu n’avais aucune raison de partir
on dit comme ça partir
je serais partie avec toi
(on randonnait si bien ensemble
bien sûr je suis allée regarder des photos
et des vidéos
dans le mouvement des images
je recherchais la réalité des corps
j’inspirais et me disais ce couple a l’air si heureux et
là
je sentais ma gorge se serrer et
je me demandais
mais pourquoi ma gorge se serre-t-elle
puisqu’ils sont si
heureux
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Isabelle Alentour est née en 1962 à Marseille où elle vit.
De son métier de chercheuse, elle a conservé le goût de l’étonnement. De son parcours analytique, côté divan puis côté fauteuil, une acuité aux jeux de paroles et de langage. De son exercice actuel à l’hôpital public, la nécessité d’un accueil attentif à ce qui se murmure, échoue, ou peine à se dire. Toutes choses qui irriguent son écriture.
Sa poésie explore des territoires d’intimité comme des sujets sociétaux (droits des femmes, droits des enfants) dans des formes poétiques possédant souvent une dimension narrative.
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