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Antoine Emaz se nourrit aussi de p(H)ommes de terre

  • Antoine Gallardo

Merci à Antoine Emaz d'avoir pris le temps de critiquer nos p(H)ommes de terre qui se consomment en toute saison. Cette notule est parue dans le Cahier Critique de Poésie de Centre International de Poésie de Marseille (CCP #31-1).

 

octobre 27, 2015

Thomas Vinau / René Lovy : p(H)ommes de terre

 

par Antoine Emaz

couverture

René Lovy sculpte la pomme de terre comme d’autres artistes travaillent le marbre ou la terre glaise. Cela donne des « têtes-patates » qui, avec le temps, changent de couleur, se flétrissent, se rident ; des faces atterrées, tristes, hilares, un peu comme de petits masques de papier mâché, expressifs et grotesques. À chaque double page, un poème de Thomas Vinau est placé en vis-à-vis de la photo d’une sculpture. Il ne s’agit pas d’une « illustration » à proprement parler, mais plutôt d’une curieuse méditation double (sculpture / écriture) sur le vivant. Homme et patate, même combat, comme l’indique le titre du livre, ou cet extrait : « Nous sommes complices (…) Nos douleurs se font des clins d’œil. » Les poèmes très courts de Vinau, en vers libres, ne sont pas sans humour, mais ils virent souvent au sombre, surtout vers la fin du livre (p. 51, 53, 57, 62…). Cela rejoint bien l’ambivalence des sculptures de Lovy, à la fois souvent drôles mais pas tant que ça dans leur pourrissement : « C’est la langue / que nous parlons / même édentée / noire / puante / (…) Rire et souffrir // Vous comprenez ? » Ou bien : « C’est ma façon de mourir / qui me dessine ». 

 

p(H)ommes de terre de René Lovy & Thomas Vinau, collection Les petits farcis

éditions la Boucherie littéraire, 72 pages couleurs, janvier 2015, 16,50 € 

I.S.B.N. 978-2-9551283-0-5 

Distribution Serendip Livres

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