Nos "p(H)ommes de terre" critiquées par Claude Vercey
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Le 18 mars dernier, publiait un article sur nos p(H)ommes de terre via les I.D [I.D n° 551 : Rire et souffrir (T. V)] sur le site de la magnifique revue Décharge.
Avec l'accord de l'auteur, je vous en livre ici le contenu. Mais que cela ne vous empêche pas d'aller explorer le riche site de la revue ni de vous abonner à cette dernière !
Merci Claude Vercey pour cette belle critique.
Et à cette réussite il convient d’associer à part égal son co-auteur, l’artiste suisse René Lovy dont je découvre pour l’occasion la démarche hors du commun, fondée sur cette matière première qu’est la pomme de terre, qui comme toute matière vivante évolue, se métamorphose, se flétrit et se putréfie : il aime la modification du vivant où se mesurent sans fard les outrages du temps, est-il indiqué en post-face à propos de l’artiste. Et ces outrages se mesurent on ne peut mieux dans la collection de masques tuberculeux qui sont présentés et leurs attachantes, voire perturbantes figures, à partir desquelles Thomas Vinau médite et inscrit en échos de brèves formulations pleines de sens et de sensibilité.
L’association d’un art plastique avec la poésie est souvent féconde, d’autant plus heureuse que l’artiste entraîne son compagnon à explorer un domaine nouveau, ouvre un pan d’imaginaire où le poète seul ne se serait peut-être pas risqué. Et c’est bien ici ce qui arrive, encore que Thomas Vinau, poète protéiforme comme lui-même se définit, a déjà montré par le passé la malléabilité de son écriture. Au regard des masques de René Lovy il montre plus de gravité qu’à l’ordinaire, et dans les étranges miroirs qui sont tendus à sa réflexion, se dessinent des grimaces qui sont celles de la souffrance et de la mort :
Germer
Gémir
DurcirC’est ma façon de mourir
qui me dessine
L’habileté du poète est de n’être pas resté au rôle de commentateur : il s’est investi dans la démarche au point que le masque devienne un porte-parole : les poèmes sont écrits à la première personne, du singulier ou du pluriel, manière de partager avec tout vivant ces variations sur le Rire/souffrir.
Bien sûr
que nous avons
malTous
Il n’est pas
la plus petite
existence
qui ne soit indigne
de souffrir.
p(H)ommes de terre de René Lovy & Thomas Vinau, collection Les petits farcis, éditions la Boucherie littéraire, 72 pages couleurs, janvier 2015, 16,50 €
I.S.B.N. 978-2-9551283-0-5 — Distribution Serendip Livres
