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Nos "p(H)ommes de terre" critiquées par Claude Vercey

  • Antoine Gallardo

 

Le 18 mars dernier, Claude Vercey publiait un article sur nos p(H)ommes de terre via les I.D [I.D n° 551 : Rire et souffrir (T. V)] sur le site de la magnifique revue Décharge.

Avec l'accord de l'auteur, je vous en livre ici le contenu. Mais que cela ne vous empêche pas d'aller explorer le riche site de la revue ni de vous abonner à cette dernière !

Merci Claude Vercey pour cette belle critique.

 

Original, le dernier livre de Thomas Vinau : P(H)ommes de terre : assurément ! Moins cependant que l’auteur l’aurait souhaité. Son titre m’a ramené quant à moi quelques années en arrière, jusqu’en 2008, déclarée Année internationale de la Pomme de terre (hé, si !) par la F.A.O et qu’avait alors mis à profit Jean Foucault pour s’activer autour du thème, multiplier les interventions, expositions, lectures et publications, pas moins de quatre livres, cinq peut-être bien, dont un P’Hommes de terre, aux éditions Corpus. Que Thomas Vinau me pardonne de faire le rabat-joie car son livre est néanmoins réussi.
 

Nos "p(H)ommes de terre" critiqués par Claude Vercey Et à cette réussite il convient d’associer à part égal son co-auteur, l’artiste suisse René Lovy dont je découvre pour l’occasion la démarche hors du commun, fondée sur cette matière première qu’est la pomme de terre, qui comme toute matière vivante évolue, se métamorphose, se flétrit et se putréfie : il aime la modification du vivant où se mesurent sans fard les outrages du temps, est-il indiqué en post-face à propos de l’artiste. Et ces outrages se mesurent on ne peut mieux dans la collection de masques tuberculeux qui sont présentés et leurs attachantes, voire perturbantes figures, à partir desquelles Thomas Vinau médite et inscrit en échos de brèves formulations pleines de sens et de sensibilité.

 

 L’association d’un art plastique avec la poésie est souvent féconde, d’autant plus heureuse que l’artiste entraîne son compagnon à explorer un domaine nouveau, ouvre un pan d’imaginaire où le poète seul ne se serait peut-être pas risqué. Et c’est bien ici ce qui arrive, encore que Thomas Vinau, poète protéiforme comme lui-même se définit, a déjà montré par le passé la malléabilité de son écriture. Au regard des masques de René Lovy il montre plus de gravité qu’à l’ordinaire, et dans les étranges miroirs qui sont tendus à sa réflexion, se dessinent des grimaces qui sont celles de la souffrance et de la mort :

Germer
Gémir
Durcir

C’est ma façon de mourir
qui me dessine

L’habileté du poète est de n’être pas resté au rôle de commentateur : il s’est investi dans la démarche au point que le masque devienne un porte-parole : les poèmes sont écrits à la première personne, du singulier ou du pluriel, manière de partager avec tout vivant ces variations sur le Rire/souffrir.

Bien sûr
que nous avons
mal

Tous

Il n’est pas
la plus petite
existence
qui ne soit indigne
de souffrir.

 

 

p(H)ommes de terre de René Lovy & Thomas Vinau, collection Les petits farcis, éditions la Boucherie littéraire, 72 pages couleurs, janvier 2015, 16,50 € 

I.S.B.N. 978-2-9551283-0-5 — Distribution Serendip Livres

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