• "Corrosion" de Mireille Disdero. Présentation & extraits

     

     

    Corrosion n’est ni un carnet de voyage,

    ni un guide touristique.

     

     

    La collection

     

    En avril, lire Mireille Disdero et NatyotDans une boucherie, le billot est l’une des pièces maîtresses comme la feuille qui l’accompagne. Il allie fermeté, esthétique et caractère.

    Si les éditions la Boucherie littéraire ne devaient avoir qu’une seule collection, ce serait Sur le billot.

    Car, c’est le lieu où je me dois de mettre en valeur les écrits des auteurs. Là, où je pense que l’œuvre publiée s’inscrit dans un sillon inexploré ou peu visité de la poésie.

    Sur le billot, on ne peut pas se défiler. J’y mets mes tripes et mon amour de la poésie pour la poésie.

     

     

    À propos du recueil par Mireille Disdero

     

    Usure de l’amour qui rouille à la saison des pluies, quand l’humidité moisit l’éclat de celui qu’on aimait. Quand le regard régurgite des images avariées.
    Sous l’effet de la corrosion, le couple se délite.

     

    Extraits

     

    Vers la mousson

    Les mots s’évaporent sur la langue et le vent de Méditerranée
    vient hanter les feuillages
    du tout au bout

    là-bas.

    Je ferme les yeux
    pour écouter
    comment se mélangent les continents

    et les océans
    au ciel craquelé des moussons.

    Les mots chauds
    sont sur ta peau
    de massages en messages
    m’écrivent en langage cargo
    dix mille kilomètres et des poussières ni le bout du tout
    ni celui de la terre
    là-bas.

    Viens

    cet appel.

    Alors
    j’ai répondu.

    La Barben, printemps 2012 (Provence, France)


     

    La rue sacrée

    Au début de l’histoire, on est deux, on partage massages, thaï tea latte , livres et revues au Un-Fashion Cafe , photos au fil des khlongs , Bangkok Jungle , croisières en mer de Chine, Hàï Phòng et Halong terrestre. Le petit marché au bout de la rue d’Ekamaï, vers le temple, les arbres sacrés, le ciel qui se tord et... Le début de l’histoire.

     

    Dans l’obscurité chaude et humide
    les crapauds buffles rythment la mousson et l’eau qui dévale nous emporte
    à la maison des massages.

    De l’eau jusqu’au mollet devant l’autel des offrandes une femme joint les mains baisse les yeux puis le front
    et prie dans la rue sous l’averse.

    Le flot de ses cheveux en cascade engloutit ton regard étranger.

    Health Land11, quartier d’Ekamaï (Bangkok, Thaïlande)

       
     

    Apprendre la chaleur

    Il faut apprendre la chaleur, au cœur du Vietnam, en été.

    Le skaï du taxi colle à la peau depuis que la clim ne fonctionne plus. Accroché au rétroviseur, Bouddha danse au bout d’une ficelle. Et chacun fait avec, des rêves assoiffés d’iceberg dans le regard.

    Hanoï et son temple de la montagne de Jade23 nourrissent la légende d’une tortue apportant paix, bonheur et réalisation des souhaits les plus fous. Comme les autres, je l’ai un peu cherchée, dans les algues mouvantes du lac Hoan Kiem24.

    Le jour et la nuit, les Vespa envahissent la chaussée, comme autant d’oiseaux furieux grondant au feu. Mais quel feu ? Un mirage. Et pendant qu’on quitte la ville, les yeux collés à l’apparition du Fleuve Rouge, tout là-bas, on cherche à retenir la cité entre nos doigts. On espère ses vélos couverts de sacs de riz, de fleurs de lotus, de paniers d’osier à vendre sur un bord de trottoir défoncé. On attend ses marchands au chapeau conique sur les yeux et à la palanche inclinée. Cette agitation, les cafés et la couleur de peau du soleil, dans les rues à l’odeur de savon.

    Il faut apprendre la chaleur, l’accepter, la boire et s’en faire un tissu de saveurs sur le corps. Apprendre à s’y vautrer, contempler ce qui traverse le beau visage du chauffeur, dans la moiteur. Une goutte de transpiration, à peine, semblable à la nôtre, frères humains, et ses mains agrippées au volant comme des clés pour passer le seuil.

    On peut dès lors entrer ici, tracer sur le bois une histoire à l’encre transparente, avec l’eau, le vent, la lumière et le feu intérieur.

    Été 2013 (Hanoï, Vietnam)

    Mes idées folles

    Musique et idées dérivent...
    Dans ma tête traîne la voix de Patti Smith à la recherche des résidus de la nuit l’émotion gicle dans mon corps
    avant de brûler les étapes et ma tête,
    mes idées folles.

    Même dans les impasses aux murs croulants sous le manque d’espoir
    ces hommes pleurent, les yeux écarquillés.

    Musiques, idées et sensations dérivent... dans ma tête des visages croisés le soir. Je ne les reverrai jamais ici
    mais peut-être dans un rêve ?

    Mon adolescence a fondu au soleil comme une vieille bougie.
    Je brûle de l’allumer encore.
    Patti Smith hurle mes idées folles,
    je danse sur le fils du soir qui s’incruste partout, partout à Bangkok

    et surtout en moi.

    2015 (Bangkok, Thaïlande)

     

     

    Pendant plusieurs années, Mireille disdero  a vécu à Bangkok.En avril, lire Mireille Disdero et Natyot
    Sa vie avant l’Asie n’est pas effacée. Pourtant, Mireille Disdero n’est plus la même, depuis son retour en France.
    Ce qui n’a pas changé : les livres et la culture sont toujours au centre de sa vie professionnelle.
    Pour elle, l’écriture prime sur tout genre littéraire distinctif. Elle aime la poésie narrative ou fictionnelle, celle qui raconte une histoire. Elle apprécie l’écriture poétique dans le roman... et admire l’architecture d’un récit construit comme un jeu d’échec. 
    Le moment où le lecteur ne peut plus faire marche arrière... Quand tout est joué.

     

    Données techniques

      L'impression numérique se fait sur papier Fedrigoni

    La couverture en Old mill, teinte Bianco, en 250 g.

    Le corps d’ouvrage sur de l’Arcoprint Edizioni Avorio, en 115 g.

    Format fermé : 110 x 170 mm

    Tirage : 800 exemplaires Nombre de pages : 84  

    I.S.B.N. : 979-10-96861-15-6

     

     


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